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20 mai 2001 7 20 /05 /mai /2001 05:30

 

10/02/2012

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POUR UN ÉTAT Démocratique : DE DROIT, DE PAIX ET DE DÉVELOPPEMENT


 

par  Paul Ange DIATTA

 

 

 

La Constitution d’une nation est en vérité le fondement et sa législation le cadrage du réel permettant à un peuple de se construire en toute sérénité. Cependant, ce qui se passe dans notre pays nous laisse tous dubitatifs quant à la capacité de la classe politique à relever les défis.

La souveraineté du peuple sénégalais est idéalement souhaitée. Mais cette souveraineté reste à conquérir. Car la réalité de la dépendance du pays à tous points de vue maintient le peuple dans une pauvreté tel un petit enfant qui a besoin de soutien extérieur pour assurer sa croissance. Comment s’assurer de notre potentiel si l’éducation qui en principe est le fondement de base de tout développement demeure le parent pauvre de nos institutions ? Un proverbe chinois dit ceci : "Si tes projets portent à un an, plante du riz ; à vingt ans, plante un arbre ; à plus d'un siècle, développe les hommes." C’est par l’éducation des hommes que l’on construit une nation. L’éducation est un droit, un devoir, une valeur ajoutée.

Les valeurs culturelles fondamentales constituent réellement le ciment de l’unité nationale et doivent être transmises par l’enseignement  aux jeunes générations.  La réalité montre que ces valeurs ne sont pas enracinées sur le tissu national. Par conséquent,   cette carence provoque indéniablement une fracture sociale et l’émergence d’un citoyen sans fond et sans horizon.

Il y a certes une volonté de tous les citoyens d’assumer un destin commun par la solidarité, le travail et l’engagement patriotique, mais dispose-t-il réellement des moyens nécessaires pour cela ? Nous constatons simplement que cet élan est cassé par la classe politique qui n’a d’ambition que pour ses intérêts. Comprenons que « la vie de l’homme dépend de sa volonté ; sans la volonté, elle serait abandonnée au hasard ». Il faut donc que nos hommes politiques soient animés d’un peu plus volonté, sinon ils nous conduiront tous vers des lendemains incertains. Celui qui ne pense qu'à amasser des richesses n'est pas humain; celui qui ne pense qu'à exercer l'humanité n'est ni riche, ni libre.

La liberté individuelle est conséquente lorsque les citoyens reçoivent une éducation et une instruction leur permettant de développer un esprit critique, de comprendre la constitution et de s’approprier les droits et devoirs qui sont les leurs et respecter la personne humaine. C’est dans ces conditions seulement que la construction nationale peut porter ses fruits et être sources de créativité.

Le problème du Sénégal comme d’ailleurs dans la plupart des pays africains réside dans sa classe politique. Elle n’a pas une conscience du rôle qu’elle est appelée à jouer, de la politique économique et sociale à promouvoir pour affirmer et consolider les fondements de la nation et de l’État.

Faire croire au citoyen lambda que la politique est facile et qu’il est question de bruit ou de force, cette conception a fait pousser de l’ivraie sur le champ politique. Il sera donc difficile d’arracher l’ivraie sans conséquences. Malheureusement,  ce travail de déblayage est une nécessité pour le pays. C’est ce travail de recadrage qui permettra une application juste des lois. En effet, l’État de droit dans notre pays est une simple déclaration d’intention. Il faut faire en sorte qu’il devienne une réalité.

Le Sénégal a adhéré à toutes les Déclarations et Conventions dont le but est la protection de droits de l’homme (la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes du 18 décembre 1979, la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples du 27 juin 1981, la Convention relative aux Droits de l’Enfant du 20 novembre 1989). L’affirmation de cette adhésion n’est que le reflet d’un humanisme fortement ancré dans les cultures respectives des peuples que renferme le pays. En outre, culturellement, le respect de l’humain était déjà une valeur intrinsèque. Ainsi comme le dit Quintilien « ce qu’il est honorable d’apprendre, il est honorable de l’enseigner ». Donc le problème majeur de la nation est la transparence dans la conduite et la gestion des affaires publiques et surtout la bonne gouvernance.

L’intangibilité de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale dans le respect des spécificités culturelles de toutes les composantes de la Nation, sur ce principe, il me semble que les pères de ladite nation, en s’appuyant trop sur le pouvoir colonial, n’ont pas assumé leur responsabilité. Comme partout ailleurs en Afrique, des territoires ont été conquis sans en créer réellement une nation. Le peuple n’a été impliqué que partiellement dans ces projets. Il a été mis dans le fait accompli. Ainsi Le conflit casamançais est là pour en témoigner. Sa résolution exige un dialogue ouvert et sincère, des procédures et des consultations transparentes et démocratiques.

Il faut rétablir la séparation et l’équilibre des pouvoirs à travers des procédures démocratiques en respectant les libertés fondamentales et les droits du citoyen ; en respectant et consolidant l’État de droit. Ainsi Montesquieu pense qu’ : « il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice» (Chapitre 6 du livre XI de l’Esprit des lois). La concentration des pouvoirs en une seule main nous entraîne vers une gouvernance vicieuse et corrompue. 

L’accès de tous les citoyens, sans discrimination, à l’exercice du pouvoir à tous les niveaux doit être proclamé avec force pour éviter le favoritisme, le clientélisme, le banditisme, la petite morale et promouvoir l’égal accès de tous les citoyens aux services publics.  

In fine, le peuple sénégalais veut voir son bien-être croître. Cela n’est possible que dans un État de droit où règnent la paix et la concorde, où le pouvoir n’est pas un moyen de répression mais un instrument de travail et d’équité.

 

Paul Ange DIATTA

 

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Published by partenia-au-dela-des-frontieres - dans Réflexions
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