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19 mai 2001 6 19 /05 /mai /2001 09:10
 

5 nov 2013

 

Transmis par Christina Moreira

 

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Ministerio del Interior: Retiren de las vallas de Ceuta y Melilla las concertinas (Alambres con cuchillas)

Büro: Ruhestand die Zäune von Ceuta und Melilla Concertina (Drähte mit Klingen)

 

Bureau: Adieu les clôtures de Ceuta et Melilla concertina (fils à lames)

 

Office: Retire the fences of Ceuta and Melilla concertinas (Wires with blades)

 

Office: Retire as cercas de Ceuta e Melilla concertinas (Wires com lâminas)

 

Ufficio: Andare in pensione i recinti di Ceuta e Melilla concertina (Fili con lame)

 

 

Voir aussi :

 

http://vidaencosianima.blogspot.com.es/2013/11/a-desalambrar.html


 

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Les lames de rasoir de Melilla
 
Lames de rasoir dans la barrière de Melilla. La séquence des mots est cacophonique, et la séquence des faits à faire se dresser les cheveux sur la tête. Les lettres fourchent sur la langue, mais nous devrions les répéter jusqu’à ce qu’elles se clouent en nous et nous fendent l’âme. Jusqu’à ce qu’elles nous fassent souffrir comme les froides, brûlantes, cruelles lames de rasoir de la barrière de Melilla font souffrir les émigrants africains

Ils ne les appellent pas lames de rasoir, mais « concertines », ce qui sonne mieux. Or, elles coupent tout autant. Des barbelés incrustés de lames de rasoir, pour que rien ne manque, pour que se déchirent et saignent jusqu’à la dernière goutte ceux qui tentent de passer.

« Honte ! », devrions- nous nous exclamer, comme s’exclama le pape François devant la plage de Lampedusa jonchée de cadavres africains. « Honte ! », auraient dû s’exclamer d’une même voix les évêques à l’Assemblée Plénière de la Conférence Épiscopale réunie ces jours derniers. « Honte ! », aurait dû crier au Gouvernement espagnol le cardinal Rouco Varela dans son discours de départ à la retraite au lieu de demander à l’État l’application du Concordat avec le Vatican, la réforme de la loi du mariage des gays et lesbiennes et la sacro- sainte unité de la nation espagnole. « La barrière de Melilla est inhumaine », proclama par contre Gil Tamayo, le nouveau porte-parole des évêques, et nous reconnaissons à nouveau la voix de l’Évangile. Oui, cette barrière est inhumaine.

L’Afrique est le miroir de l’Europe et le miroir du monde, de son inhumanité. Ce que nous faisons avec l’Afrique, correspond à ce que nous sommes, car là-bas nous sommes nés, de là-bas nous venons. Oui, tous les êtres humains d’aujourd’hui sommes fils et filles d’émigrants africains. En Afrique naquit le tissu Homo il y a 2,5 millions d’années, et il émigra en Europe il y a un million d’années. De même l’Homo Sapiens, notre espèce actuelle : naquit en Afrique il y a 200 000 ans et émigra en Europe il y a 40 000 ans. Le chemin n’a pas dû être facile mais ils ne rencontrèrent jamais de douanes ni de barrières de lames de rasoir.

Nous sommes tous nés noirs. Ensuite nous avons changé de couleur pour pouvoir survivre, car la peau claire facilite la synthèse de la vitamine D à partir de la lumière solaire – moins dense loin du tropique - et la vitamine D aide le corps à absorber le calcium. Mais il paraît que la peau blanche est plus encline au cancer de la peau.

Notre chère Europe, admirable à plusieurs titres, regarde-toi : plages couvertes de cadavres, sables du désert jonchés d’enfants et de femmes morts de soif, barbelés de lames de rasoir avec des corps saignés qui pendent. Voilà ton miroir. Voilà notre civilisation : liberté, égalité, fraternité, Démocratie, Droits Humains, citoyenneté, tant de citoyenneté. Et tant de tradition chrétienne ! Europe, qu’as-tu fait de ton âme ?

Aurais-tu perdu par hasard la sagesse du sapiens quand tu changeas de couleur de peau ?

Discours trop démagogique ? Oui, certainement. Je sais que l’émigration est un problème complexe. Mais nous ne pourrons jamais le résoudre de cette manière. Jamais nous ne pourrons le résoudre alors que nous oublions que nous sommes tous fils d’émigrants. Et tant que nous ne garderons pas vivante la mémoire de notre histoire, bien récente encore, bien présente encore, de comment nous avons envahi et pillé des pays, des continents entiers et continuons à le faire, surtout en Afrique. Et tant que, pour prendre un exemple, le Gouvernement espagnol ne se souviendra pas que 400 000 de ses ressortissants ont quitté le pays depuis 2 008… en qualité d’émigrants. L’émigration est un problème complexe, mais jamais nous ne le résoudrons tant que nous ne sentirons pas dans notre chair la douleur des lames de rasoir.

Toutes les douanes et barrières seront inutiles. Ils continueront à tenter de passer, parce qu’il leur est égal de mourir de faim dans leurs pays, noyés en mer ou saignés sur une barrière de lames de rasoir. Et depuis la profondeur obscure de la terre, des eaux bleues de la mer Méditerranée, des sables dorés du Sahara, depuis la barrière de lames de rasoir de Melilla, la voix de Dieu continuera à nous atteindre en criant : « Cain, Cain, qu’as-tu fait de ton frère ? »

José Arregi ( Traduction R-M Barandiaran)

 


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Las cuchillas de Melilla

 


Cuchillas en la valla de Melilla. La secuencia de las palabras es cacofónica, y la secuencia de los hechos, espeluznante. Se nos traban las letras en la lengua, pero deberíamos repetirlas hasta que se nos claven y duelan en el alma. Hasta que nos duelan como duelen a los inmigrantes africanos las frías, ardientes, crueles cuchillas de la valla de Mellila.

No las llaman cuchillas, sino concertinas, que suena mejor. Pero cortan igual. Una alambrada de púas enzarzada de cuchillas, para que no falte nada, para que se desgarren y se desangren hasta la última gota quienes intenten pasar.

“¡Vergogna!”, deberíamos exclamar, como exclamó el papa Francisco ante la playa de Lampedusa llena de cadáveres africanos. “¡Vergüenza!”, debían haber exclamado todos a una los obispos en la Asamblea Plenaria de la Conferencia Episcopal reunida en los días pasados. “¡Vergüenza!”, debió haber gritado al Gobierno español Rouco Varela en su discurso de despedida, en lugar de reclamar al Estado el cumplimiento del Concordato con el Vaticano, la reforma de la ley del matrimonio de gais y lesbianas y la sacrosanta unidad de la nación española. “La valla de Melilla es inhumana”, dijo en cambio Gil Tamayo, el nuevo portavoz de los obispos, y reconocimos de nuevo la voz del Evangelio. Sí, esa valla es inhumana.

África es el espejo de Europa y el espejo del mundo, de su inhumanidad. Lo que hacemos con África, eso somos, pues allí nacimos, de allí venimos. Sí, todos los seres humanos de hoy somos hijos e hijas de inmigrantes africanos. En África nació el género Homo hace 2,5 millones de años, y emigró a Europa hace un millón de años. Lo mismo el Homo Sapiens, nuestra especie actual: nació en África hace 200.000 años y emigró a Europa hace 40.000 años. El camino no debió de ser fácil, pero nunca se encontraron con aduanas ni con vallas de cuchillas.

Todos nacimos negros. Luego cambiamos de color para poder sobrevivir, pues la piel clara facilita la síntesis de la vitamina D a partir de la luz solar –más escasa lejos del trópico–, y la vitamina D ayuda al cuerpo a absorber el calcio. Pero parece que la piel blanca es más propensa al cáncer de piel. No quiero ni pensar que también nos exponga más al cáncer del alma. En cualquier caso, en la piel negra del África nos hemos de mirar. Es nuestra piel. “Lo que hicisteis a uno de estos mis hermanos negros a mí me lo hicisteis”, nos diría Jesús, que también fue moreno de piel.

Querida Europa nuestra, admirable por tantos motivos, mírate: playas cubiertas de cadáveres, arenas del desierto llenas de niños y mujeres muertas de sed, alambradas de púas y cuchillas con cuerpos desangrados que cuelgan. He ahí tu espejo. He ahí nuestra civilización: Liberté, Égalité, Fraternité, Democracia, Derechos Humanos,  ciudadanía, tanta ciudadanía. Y tanta tradición cristiana. Europa, ¿qué has hecho de tu alma? ¿Perdiste acaso la sabiduría del Sapiens cuando mudaste el color de tu piel?

¿Discurso demasiado demagógico? Sí, tal vez. Sé que la inmigración es un problema complejo. Pero nunca lo podremos resolver de esta manera. Nunca lo podremos resolver mientras olvidemos que todos somos hijos de inmigrantes. Y mientras no tengamos viva la memoria de nuestra historia, bien reciente aún, bien presente todavía, de cómo hemos invadido y saqueado países, continentes enteros, y lo seguimos haciendo, sobre todo en África. Y mientras, por poner un ejemplo, el Gobierno español no recuerde que 400.000 españoles han salido del país desde el año 2008… en calidad de emigrantes. La inmigración es un problema complejo, pero nunca lo resolveremos mientras no sintamos en nuestras carnes el dolor de las cuchillas.

Serán inútiles todas las aduanas y vallas. Lo seguirán intentando, porque lo mismo les da morir de hambre en sus países, ahogados en el mar o desangrados en una valla de cuchillas. Y desde el fondo oscuro de la tierra, de las aguas azules del mar Mediterráneo, de las arenas doradas del Sahara, desde la valla de cuchillas de Melilla, la voz de Dios nos seguirá gritando: “Caín, Caín, ¿dónde está tu hermano?”.

 

José Arregi

 

 

 

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